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jeudi 21 juillet 2011

Les Européens face au risque nucléaire


Les Européens face au risque nucléaire
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Nombre de mouvements politiques et d'associations militent actuellement en Europe pour une fermeture sans délais des centrales nucléaires en activité sur le continent. Certains se limitent à demander la fermeture des sites les plus anciens, entre 30 et 40 années d'âge. Qu'en penser ?

Les tests de résistance
Les chefs d'Etat européens viennent de décider à Bruxelles (24 mars) de faire passer à l'ensemble des réacteurs nucléaires du continent des «tests de résistance». On ne sait pas trop en quoi consisteront ces tests. Les résultats ne seront pas obtenus avant plusieurs mois. Par ailleurs, ce seront en principe les autorités nucléaires nationales qui auront la charge de ces tests, avec un risque certain de complaisance.

Il s'agit cependant, malgré ces réserves, d'un premier pas dans la bonne direction – à supposer qu'un large dialogue s'établisse sur les tests et leurs résultats au niveau de l'Europe tout entière.

Reste que cela ne doit pas suffire à clore le débat sur les risques du nucléaire. Un calcul simple proposé par Paul Jorion sur son blog montre qu'au plan mondial la probabilité d'un accident majeur dans le monde, pour 443 réacteurs installés, est de 8,4% par an, ce qui n'est pas négligeable(1).

Les centrales de type Tchernobyl
Dans l'immédiat, au-delà des tests, le premier point à évoquer, dont assez curieusement on parle peu, est la présence en Europe-même et surtout dans son voisinage immédiat, de centrales de type Tchernobyl dont nul n'envisage la fermeture, au prétexte de leur caractère indispensable et du coût de leur remplacement.
En Europe-même se trouve aussi la centrale d'Ignalina, en Lituanie. Elle devrait en principe cesser son exploitation dans un an. Mais la Lituanie, qui s’y était engagée dans son Traité d’adhésion, a depuis tout tenté pour retarder sa fermeture, y compris en organisant un référendum. Finalement, elle a cédé en décembre 2010, lorsque ses partenaires européens lui ont promis des compensations, notamment des permis de polluer supplémentaires.

Mais les risques de type Tchernobyl sont infiniment plus grands en Russie. Ils ne concernent pas seulement ce pays mais l'Europe tout entière puisque les nuages ne reconnaissent pas les frontières. On dénombre actuellement dix centrales nucléaires en activité en Russie, dont huit dans la partie européenne du pays. Elles comprennent au total 31 réacteurs, dont onze utilisent la technologie RBMK de première génération, identique à celle du réacteur 4 de Tchernobyl. Ces réacteurs sont structurellement dangereux car ils ne sont pas dotés de dômes de protection. La Russie cherche néanmoins à prolonger la durée de vie de plusieurs d’entre eux. Elle envisage par ailleurs de construire 40 nouveaux réacteurs (utilisant une autre technologie) d’ici 2030. Seront-ils construits avec des technologies récentes supposées être plus sûres ? (voir note (2) ci-dessous).

La même question se pose à propos de l’Ukraine. En échange de la fermeture définitive du site de Tchernobyl en décembre 2000 (soit quatre réacteurs de type RBMK), ce pays a obtenu une aide de l’Union européenne pour achever la construction de deux réacteurs à Rovne et Khmelnitski. Elle ambitionne d’en construire onze autres, doublant ainsi sa capacité d’ici 2030.

Le coût de la sécurité dans les nouvelles centrales
Un autre point essentiel concerne la sécurité et donc les coûts qu'il faudrait consentir pour la construction de nouvelles centrales, destinées soit à remplacer des centrales jugées défectueuses, soit à poursuivre l'augmentation des puissances installées. Pour les anti-nucléaires, le problème ne doit même pas être posé. Si l'on veut vraiment, même à échéance de 20 à 30 ans, sortir du nucléaire, il ne faut pas installer de nouvelles centrales ayant une durée de vie de plus d'un demi-siècle. Mais raisonner ainsi n'est pas réaliste. Que ce soit en Europe ou ailleurs, à moins que ne se généralisent des catastrophes en chaîne sur le modèle de celle du Japon, les Etats vont construire de nouvelles centrales. Va-t-on retenir des versions low-cost dangereuses, ou au contraire des versions assurées beaucoup plus sûres, telles que celles utilisant la technologie EPR d'Areva et surtout celles dites de 4e voire de 5e génération, en attendant la fusion nucléaire proprement dite ? Même si des solutions telles que l'EPR ne sont pas indemnes de risques (on pourrait d'ailleurs les améliorer encore au vu de l'expérience japonaise récente) le différentiel de prix n'est pas tel qu'il faudrait renoncer à les installer(2).

La question se posera prochainement en Europe. Quel type de centrale retiendra la Grande Bretagne, qui semblait jusqu'à ces dernières semaines envisager une relance du nucléaire ? On pourrait craindre que par souci d'économie, le gouvernement conservateur actuel adopte des solutions bon marché et donc peu sûres.
Si la privatisation rampante du secteur nucléaire se poursuivait en France, le même risque menacera quand il s'agira de remplacer les 4 centrales les plus anciennes dont celle de Fessenheim. Il est curieux de ne pas entendre sur cette question ni les gouvernements concernés ni la Commission européenne.
******
Nous pensons que l'ensemble de ces questions devraient être mises rapidement sur la table dans la discussion s'engageant actuellement entre pro- et anti-nucléaire. L'adoption de solutions à sécurité accrue coûtera nécessairement plus cher, ce qui se répercutera sur le prix du Kwh(3). Mais pour les pays qui ne renonceront pas dans l'immédiat au nucléaire - quels que soient par ailleurs les investissements consentis en faveur des technologies vertes - il s'agira d'une dépense incontournable.
Notes
(1) Selon Paul Jorion (http://www.pauljorion.com/blog/):
"J’ai proposé à la discussion la question suivante; Quelle est la probabilité durant une année quelconque qu’il y ait un accident nucléaire majeur, connaissant la probabilité d’accident majeur par réacteur et le nombre de réacteurs en service ?
Comme je n’ai plus fait de combinatoire depuis longtemps, je demandais aux commentateurs de me corriger si nécessaire. L'un d'eux m’assure que ma formule est correcte, je la reproduis donc ici.
· R = risque d’accident majeur durant une année x
· p = probabilité d’accident sur une année pour un réacteur
· n = nombre de réacteurs
R(n) = 1 – (1-p)^n
Disons que le risque pour un réacteur est d’un accident majeur tous les cinq mille ans. S’il n’y a qu’un réacteur au monde, le risque d’un accident majeur pour une année x est de 0,2 %o. Si j’ai 443 réacteurs en service dans le monde – ce qui est apparemment le cas aujourd’hui – quel est le risque d’un accident majeur sur une année, et par exemple, sur l’année en cours ?
R(443) = 1 – (0,9998)^443 = 8,48 %
On voit donc que même avec une probabilité d’accident qui paraît extrêmement faible : un accident seulement tous les 5 000 ans pour un réacteur, on débouche pourtant sur une probabilité de 8,48 % d’accidents majeurs par an si l’on a 443 réacteurs en service, c’est-à-dire un niveau très loin d’être négligeable."


(2) On se référera à un article du NewScientist argumentant que la technologie EPR est plus sûre (relativement) que celles actuellement en service et notamment que celles de Fukushima, âgées de 40 ans (http://www.newscientist.com/article/mg20928053.700-how-newer-reactors-would-have-survived-fukushima.html).
Selon Alexis Marinvic, ingénieur en charge chez Areva, "l''European Pressurised Reactor (EPR) dispose de plusieurs niveaux de générateurs diesel susceptibles d'assurer le back-up des systèmes de refroisissement en cas de tsunami ou tremblement de terre. Ils sont situés dans des enceintes isolées entourant le coeur de centrale et susceptibles de résister notamment au crash d'un avion de ligne.
Par ailleurs l'EPR dispose de quatre circuits de secours séparés concernant l'électronique, les pompes, les valves et les canalisations de refroidissement destinés à maintenir le coeur froid en cas d' accident.
Enfin, pour éviter que l'eau de refroidissement au contact du combustible surchauffé ne se décompose comme à Fukushima en hydrogène hautement détonnant, l'EPR dispose d'un système catalytique permettant de recombiner l'H avec l'O pour reconstituer de l'eau, avant explosion. En ce qui concerne le confinement, qui s'est révélé particulièrement déficient à Fukushima, le réacteur de l'EPR est enfermé dans un container à double paroi destiné à empêcher les fuites de gaz. Il s'agit de bétons armés pré-stressés d'1m d'épaisseur, soit 2 m au total."
On peut noter que le concurrent d'Areva, Westinghouse Electric, racheté par Toshiba, propose dans la version AP1000 de son réacteur de 3e génération, dont un modèle est en cours d'installation en Chine, des solutions de même nature. Le réacteur lui-même est surmonté d'une vaste réserve d'eau douce susceptible de refroidir un certain temps le combustible en cas d'urgence.

(3) L'augmentation de ce prix aura un effet utile sur la baisse souhaitable des consommations. Il pourra être compensé par des allocations destinées aux consommateurs les plus pauvres.


Post-scriptum
Quid d'Iter ?
Un de nos lecteurs s'étonne de voir que personne ne profite des problèmes actuels (et futurs) du nucléaire de fission pour relancer les moyens mis à la disposition du programme Iter de fusion. De l'avis général, même si le confinement du plasma sera difficile et si des neutrons rapides (donc dangereux) seront produits, les risques et les déchets seront sans comparaisons. Les pays qui maîtriseront la fusion se donneront un avantage considérable par rapport aux autres. Or on pourrait gagner des années sur le programme aujourd'hui financé en augmentant un petit peu les moyens alloués. Cela vaudrait bien la peine de le faire, alors que des milliards seront engloutis pour décontaminer les sols, au Japon ou ailleurs.
Or si la France a joué un rôle non négligeable dans le lancement du programme Iter, il est probablement vrai que les industriels actuels du nucléaire (Areva et Edf) ne veulent pas vraiment de ce concurrent qui n'intéresse guère que le CEA.

© Automates Intelligents 2011
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vendredi 9 mars 2007

ENERGIE EN EUROPE

La Commission européenne a dévoilé le 10 janvier les bases d'une politique énergétique des 27, jugée incontournable au vu du réchauffement climatique et de la flambée des prix des hydrocarbures.
Les ministres de l'Energie des 27 ont entamé jeudi à Bruxelles une réunion qui donnera le coup d'envoi des gouvernements européens à une politique énergétique commune, sans fixer toutefois d'objectifs contraignants comme le voulait la Commission européenne.

"Les 27 pays membres affichent des idées différentes sur les façons d'atteindre l'objectif" d'une politique énergétique commune, a reconnu au début de la réunion le ministre allemand de l'Economie Michael Glos, dont le pays préside l'UE jusqu'en juin.

"Mon but est d'encourager la Commission européenne à suivre le chemin vers davantage de concurrence", a souligné M. Glos.

Les ministres européens de l'Energie doivent trouver un compromis qui sera soumis aux chefs d'Etat et de gouvernement au sommet européen des 8-9 mars, qui sera largement consacré à l'énergie. Mais les ministres de l'Energie se divisent sur les deux sujets sur lesquels la Commission a recommandé des mesures contraignantes.

Elle a suggéré de porter à 20% en 2020 la part de ces énergies renouvelables dans la consommation globale de l'UE, contre 7% actuellement. Elle veut aussi instaurer pour les bio-carburants utilisés dans les véhicules des objectifs minimums nationaux de 10% des carburants consommés d'ici 2020.

La Commission a préconisé aussi de scinder le patrimoine des producteurs d'énergie et des gestionnaires des réseaux de transport. Une démarche qui permettrait selon elle de stimuler la concurrence et les investissements et de faire baisser les prix.

Voir ENERGIE SUR INTERNET

Les aspects internationaux de la politique énergétique

"Les aspects internationaux de la politique énergétique" - Discours prononcé par M. Frank-Walter Steinmeier, ministre fédéral des Affaires étrangères, à l’occasion du deuxième Sommet du gouvernement fédéral sur l’énergie à Berlin, le 9 octobre 2006


Il y a dix ans, expliquer en quoi consiste la "politique étrangère énergétique" aurait sans doute pris beaucoup de temps. Aujourd’hui, les préoccupations quant aux réserves de matières premières - pas seulement le pétrole et le gaz - modifient les équilibres à l’échelle mondiale. Le pouvoir et la formation de contre-pouvoirs autour des questions énergétiques développent partout dans le monde une dynamique interne dangereuse. La faim de ressources à l’échelon planétaire et la gouvernance mondiale risquent de plus en plus d’entrer en collision. Notre politique dans les domaines de l’énergie, des affaires étrangères et de la sécurité doit faire face à ces défis. Elle doit être vouée à désamorcer en amont les potentiels de conflit d’une concurrence accrue concernant les ressources. Les présidences de l’Union européenne et du G8, qui débuteront prochainement, nous offrent la possibilité de formuler dans ses grandes lignes la politique énergétique de l’Europe et au-delà, et d’améliorer ainsi directement notre sécurité d’approvisionnement.

Il convient de souligner trois aspects essentiels. Premièrement, la Russie est et reste le facteur clé de notre approvisionnement en énergie, en particulier en ce qui concerne le gaz. À moyen terme, le défi consiste à préserver l’interdépendance, sur un pied de réciprocité et d’égalité, moins entre la Russie et l’Allemagne qu’entre la Russie et l’Union européenne. Pour cela, il a fallu notamment renforcer le maillage dans le secteur de l’énergie. Certains y voient de la naïveté. Moi, je conseille au contraire de rechercher de telles possibilités tant que nous, et nos entreprises productrices d’énergie, sommes forts. La redécouverte du mercantilisme n’est sûrement pas un bon conseil. Nous devrions rechercher de telles possibilités sur la base de principes solides, notamment : la réciprocité de l’accès aux marchés, l’acceptation des règles de concurrence communautaires sévères s’appliquant à toutes les entreprises actives en Allemagne et au sein de l’UE, ainsi que la stabilité ! et la fiabilité du cadre juridique des deux côtés. Comme le montre l’exemple de Sakhaline, procéder a posteriori à des changements nuit au climat de coopération. Nous devons transposer dans les rapports UE-Russie les principes de la Charte de l’énergie, tels la fiabilité, la transparence et la sécurité de l’investissement, auxquels s’est associée la Russie lors du sommet du G8 de Saint-Pétersbourg. La renégociation de l’accord de partenariat et de coopération avec la Russie nous donne pour cela des points d’appui tant que tous n’ont pas ratifié la Charte de l’énergie.

Le deuxième facteur clé de notre sécurité d’approvisionnement future est une plus grande diversification de nos zones d’approvisionnement. Pour y parvenir, nous développerons encore davantage notre coopération dans le domaine énergétique avec la Norvège, l’Afrique du Nord et aussi les pays d’Asie centrale. Concernant cette dernière région, nous lancerons sous présidence allemande une stratégie communautaire.

Le troisième facteur clé est la coopération à l’échelle du globe en matière énergétique. Il nous faut des institutions énergétiques internationales et performantes qui associent encore plus étroitement les nouveaux pays émergents. C’est également dans ce sens que va une conférence dans le cadre du G8 en projet au ministère fédéral des Affaires étrangères pour l’automne prochain. Cette conférence vise à engager un processus de dialogue sur la sécurité énergétique conjointement avec les partenaires de Chine, d’Inde, du Brésil, du Mexique et d’Afrique du Sud. Il existe en outre des potentiels transatlantiques notamment dans le domaine du développement des technologies - un domaine loin d’être épuisé - pour l’ère de l’après-pétrole, et en particulier aussi sur le long chemin qui mène à l’hydrogène.

Des champs essentiels de notre politique énergétique et de notre politique étrangère énergétique ont de plus en plus tendance à s’inscrire dans un contexte européen. La présidence allemande de l’Union européenne est tout spécialement appelée à ficeler un paquet global cohérent tout en sauvegardant nos intérêts. Cela s’applique également au marché intérieur de l’énergie. En effet, si ce marché intérieur ne fonctionne pas, il ne saurait y avoir de concurrence loyale en Europe, et sans marché intérieur, pas de reprise E.on - Endesa. La solidarité européenne dans le domaine de la sécurité des approvisionnements gaziers sera également un sujet abordé. Nous ne nous fermerons pas complètement à cette idée, mais nous ne pouvons pas non plus accepter une solution communautarisant les prestations fournies au préalable par l’Allemagne.

La sécurité énergétique est indissociablement liée à la politique du climat et de l’environnement. L’efficacité énergétique, la promotion des énergies renouvelables, le transfert des technologies et les partenariats énergie-climat sont autant de termes clés. Dans la politique internationale du climat, le gouvernement fédéral continuera de jouer un rôle moteur, surtout pendant nos présidences, l’objectif devant être de faire participer, outre les États-Unis, les grands pays consommateurs en plein développement à un accord "après-Kyoto". Nous devons surmonter les fossés artificiels entre une approche technologique et des engagements quantitatifs. Notre crédibilité en matière de politique climatique et notre compétence technologique constituent ici une excellente base dans le domaine de l’efficacité énergétique et des économies d’énergie. La demande énergétique ainsi évitée soulage le marché mondial de même que l’environnement.

La politique étrangère énergétique et l’économie extérieure disposent d’un potentiel commun que nous devons et pouvons exploiter encore davantage. Les entreprises allemandes dominent les secteurs mondiaux de la construction mécanique, de l’isolation des bâtiments, des techniques de mesure et réglage ainsi que de la gestion des processus. Nous voulons faire le maximum en politique pour valoriser ces atouts à l’échelle internationale. Nous voulons également miser sur une étroite coopération entre l’État et les milieux économiques dans le domaine de l’application conjointe (AC). Car ce mécanisme permet des situations internationales "gagnant-gagnant". L’attribution de droits d’émission supplémentaires au niveau national et la promotion des exportations de technologies profitent en définitive à toutes les parties prenantes ainsi qu’à la protection mondiale du climat. La restructuration du parc de centrales en Europe orientale, qui s’impose à bref délai, offre également des possibilités importantes pour le secteur économique allemand. Des projets pilotes, en Russie ou en Ukraine par exemple, au carrefour des politiques de l’énergie, de l’environnement et des technologies, donnent un nouvel élan à notre coopération avec ces pays dans le domaine de l’énergie.

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PETROLE SUR INTERNET